Sénégal : le Premier ministre appelle au dialogue pour débloquer la LFR 2026

En conférence de presse tenue hier dimanche au building administratif Mamadou Dia, le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, entouré de plusieurs membres du Gouvernement, a défendu le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026, présenté comme nécessaire pour adapter les dépenses publiques à la situation économique et préserver les équilibres budgétaires.
Le ministre des Finances a fait état d’une baisse des recettes estimée à environ 341,3 milliards de FCFA, liée notamment aux contre-performances de certaines régies de recettes. Dans le même temps, les dépenses augmentent, particulièrement dans le secteur de l’énergie, sous l’effet de la hausse du prix du pétrole, passé d’une hypothèse budgétaire de 74 dollars le baril à plus de 100 dollars.
Le gouvernement estime qu’une absence d’ajustement pourrait creuser le déficit, accroître les besoins de financement et fragiliser la crédibilité financière du Sénégal.
Pour répondre à ces contraintes, l’État prévoit de réduire ou de reporter certains crédits d’investissement concernant des projets qui ne sont pas encore prêts à être exécutés. L’objectif est de réorienter les ressources vers les dépenses prioritaires et les engagements immédiats.
Le Premier ministre affirme que l’adoption de la LFR permettrait de poursuivre les projets prévus, d’augmenter les bourses familiales et de soutenir la relance du secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP). Il indique également que le financement du projet d’assainissement de Touba est sécurisé pour 2027.
Le gouvernement souhaite poursuivre la réforme des agences publiques, notamment par la suppression des doublons, les fusions et les réorganisations. Selon le Premier ministre, cette démarche pourrait permettre de réaliser environ 50 milliards de FCFA d’économies, sous réserve de finaliser les études nécessaires.
Le Premier ministre se dit prêt à retourner à l’Assemblée nationale avec ses ministres pour expliquer le bien-fondé du texte. Il refuse toutefois un débat direct avec le président de l’Assemblée nationale, invoquant la différence entre leurs institutions.
Il appelle les députés de Pastef et l’ensemble des parlementaires à présenter des amendements plutôt qu’à bloquer la loi, afin de ne pas pénaliser les populations. Il écarte, dans l’immédiat, l’idée d’engager la responsabilité du gouvernement et privilégie le dialogue, notamment dans le contexte des Jeux olympiques de la jeunesse.
Concernant les fonds spéciaux de l’État, il se dit également ouvert à des discussions dans un cadre réglementaire et constitutionnel permettant de concilier les exigences de transparence et les prérogatives des institutions. Le ministre de l’Éducation nationale a expliqué que les ajustements budgétaires toucheraient principalement les investissements différables, notamment certaines constructions et opérations d’équipement.
En conclusion, on peut retenir que cette conférence de presse met en évidence trois priorités du gouvernement : maîtriser le déficit budgétaire, préserver les investissements prioritaires et maintenir les dépenses sociales essentielles. Le Premier ministre présente la LFR comme un outil d’adaptation financière et appelle les députés à dépasser les divergences politiques pour parvenir à un compromis.
L’enjeu est désormais de trouver un accord entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale afin d’éviter que le désaccord budgétaire ne retarde les projets publics et ne fragilise davantage la situation économique du pays.

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