
Le Sénégal assombrit son destin, la conséquence des relations entre l’Exécutif et le Législatif. Le pays sombre sous le regard impassible du Conseil constitutionnel, arbitre sans âme d’une détérioration dont les conséquences sont catastrophiques.
Pape Amadou Fall
Il est dommage que le Sénégal s’installe dans une dimension aussi complexe. L’assemblée défie l’exécutif à tout bout de champ et se fait retoquer par le conseil constitutionnel.
Face à cette situation, tous les hommes de bonne foi appellent à la sérénité car le pays se donne en spectacle.
La défiance institutionnelle et la guerre d’usure politique entre le pouvoir exécutif (mené par le président Bassirou Diomaye Faye et le gouvernement) et le pouvoir législatif (domine par la majorité parlementaire de pastef les patriotes présidée par Ousmane Sonko) entrainent des conséquences majeures pour la gouvernance du Sénégal.
Ce blocage institutionnel engendre plusieurs répercussions directes dont la conséquence immédiate est la paralysie des textes législatifs. L’Assemblée nationale et l’Exécutif se rejettent mutuellement leurs projets. Le constat est que les projets gouvernementaux sont freinés : des textes stratégiques portés par l’Exécutif, tels que la réforme du code pétrolier ou le projet de loi sur la carte d’identité biométrique, subissent des renvois en commission ou des blocages. L’Assemblée nationale multiplie les propositions de loi pour encadrer le pouvoir exécutif (comme le contrôle strict des fonds spéciaux de la présidence ou les obligations de déclaration de patrimoine), forçant l’Exécutif à bloquer ces textes en retour. Faute de dialogue direct, le Conseil constitutionnel est devenu l’arbitre systématique des conflits de compétences. Le gouvernement saisit en urgence les sages pour faire invalider les textes votes par les députés.
Le climat de confrontation pousse inévitablement vers la dissolution de l’Assemblée nationale. Le président Bassirou Diomaye Faye maintient le flou mais rappelle qu’il s’agit d’une prérogative constitutionnelle visant à débloquer les institutions en redonnant la parole au peuple. Une dissolution provoquerait : l’arrêt immédiat et la caducité de tous les travaux parlementaires en cours. Aujourd’hui l’incertitude institutionnelle pèse sur la conduite des affaires publiques. L’examen des budgets et l’élaboration de la loi de finances se font sous haute tension, ce qui risque de ralentir l’exécution des investissements publics, de fragiliser la notation souveraine du pays et de freiner la mise en œuvre des programmes économiques promis aux Sénégalais.
Avec l’IA

Laissez un commentaire