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BRVM : la solidarité régionale finance les États, mais le privé reste attendu

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Une cinquantaine de sociétés sont actuellement cotées à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM). Pourtant, ce sont surtout les États de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) qui sollicitent cette place financière commune à huit pays.

Le compartiment obligataire occupe une place centrale dans ce dispositif. Il comprend notamment le marché des titres publics, très actif, qui contribue au financement des déficits budgétaires des États. La BRVM est ainsi devenue un outil majeur pour le financement des États de la région.

Le Sénégal illustre cette dépendance accrue aux ressources régionales. Dans un contexte où l’accès aux marchés internationaux est difficile, Dakar s’est davantage tourné vers la BRVM et y a mobilisé plus de 1 000 milliards de francs CFA au premier trimestre, soit une hausse de près de 200 % sur un an. Cette évolution intervient alors que le pays est considéré comme surendetté par l’économiste Moubarak Lô, qui évoque la nécessité de réduire ou de restructurer la dette.

En décembre 2025, l’État du Sénégal avait déjà réalisé une levée de 454 milliards de francs CFA sur le marché financier régional, contre un objectif initial de 300 milliards. En avril 2026, une autre adjudication sur le marché des titres publics de l’UEMOA lui avait permis de recueillir 68 milliards de francs CFA, au-delà des 65 milliards visés.

Les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) continuent également d’utiliser cette infrastructure financière, malgré leur retrait de la structure politique de la Cédéao. En 2025, le Burkina Faso, le Mali et le Niger y ont levé ensemble plus de 3 000 milliards de francs CFA, un montant évalué à environ 5 milliards d’euros par Ange Ponou, analyste chez Sika Finance.

Dans cette analyse relayée par RFI Afrique, Ange Ponou présente le marché financier régional comme une « bouée de sauvetage » pour ces trois pays. Selon lui, leur accès au financement serait beaucoup plus compliqué s’ils ne faisaient pas partie de cet espace commun.

Cette solidarité dans la dette nourrit toutefois des interrogations dans plusieurs pays de la région. Pour les prochaines années, l’un des principaux défis identifiés consiste à attirer davantage d’entreprises privées afin d’étoffer le marché des actions, encore limité par le faible nombre de sociétés cotées.

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