ACCUEIL A la Une Mali : la junte militaire suspend les activités des partis « jusqu’à nouvel ordre ».
A la UneACTUALITES

Mali : la junte militaire suspend les activités des partis « jusqu’à nouvel ordre ».

Partager
Partager

BAMAKO, Mali (AP) – Le gouvernement militaire du Mali a suspendu les activités des partis politiques dans ce pays d’Afrique de l’Ouest « jusqu’à nouvel ordre », ont déclaré les médias d’État, quelques jours après le premier rassemblement pro-démocratique depuis que les soldats ont pris le pouvoir par la force il y a près de quatre ans.

Le décret signé par le président de transition, le général Assimi Goita, invoque des « raisons d’ordre public », a rapporté la télévision nationale. La décision, qui s’applique également aux associations politiques, a été prise à l’issue d’une réunion du Conseil des ministres.

Le week-end dernier, des centaines de militants ont défié les menaces du gouvernement militaire et ont manifesté dans la capitale, Bamako, contre le projet de loi visant à dissoudre les partis politiques, dernière décision en date visant à restreindre les activités politiques. La police avait bouclé la zone pour éviter les affrontements avec les jeunes pro-militaires qui tentaient d’empêcher le rassemblement.

Une autre manifestation était attendue cette semaine.

« Je ne suis pas surpris, je m’y attendais parce que c’est leur façon de nous empêcher de mener nos activités, mais nous continuerons à défendre la démocratie au Mali. Nous sommes un peuple attaché à la démocratie », a déclaré à l’Associated Press Cheick Oumar Doumbia, l’un des leaders de la manifestation du week-end.

M. Goita a pris le pouvoir à la suite de coups d’État en 2020 et 2021. La semaine dernière, une conférence politique nationale a déclaré qu’il devrait être installé comme président pour un mandat renouvelable de cinq ans.

Dimanche, des personnalités de la société civile, des partis politiques et des dirigeants syndicaux ont tenu une conférence de presse pour appeler à « un retour rapide et crédible à l’ordre constitutionnel par l’organisation d’élections transparentes, inclusives et pacifiques ». La police les a obligés à quitter les lieux, invoquant le risque de confrontation avec les partisans du gouvernement.

« Avec cette décision, le gouvernement n’a pas choisi d’apaiser le climat politique au Mali, et les partis politiques n’ont pas encore annoncé leur stratégie pour faire entendre leur voix, mais nous nous attendons à des confrontations avec les groupes pro-démocratiques dans les rues à l’avenir », a déclaré Cheick Oumar Konaré, analyste politique et avocat.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement militaire suspend les activités des partis politiques à la veille de décisions importantes. En avril 2024, le gouvernement a annoncé une suspension avant un « dialogue inter-malien » qui demandait que la période de transition d’un gouvernement militaire soit prolongée de deux à cinq ans.

Les chefs militaires maliens ont coupé les liens diplomatiques et la coopération militaire avec les partenaires occidentaux traditionnels et ont forgé de nouveaux partenariats avec la Russie.

Depuis plus de dix ans, le Mali est confronté à des attaques de groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, et la menace ne cesse de croître.

Partager

Laissez un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Don't Miss

JOJ Dakar 2026 : un livre appelle à construire un héritage durable au Sénégal

Après 15 ans d’expérience dans les médias, le journaliste béninois Frédéric Sohoundé prépare un ouvrage consacré aux défis des Jeux olympiques de la...

Niger : le régime militaire dit « reprendre progressivement le contrôle »

Le régime militaire au pouvoir au Niger a affirmé, samedi 29 août, « reprendre progressivement le contrôle » face à des mutins qui ont « entrepris de séquestrer » des soldats dans...

Articles connexes

Maroc Une coalition pour gouverner

   Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a présidé ce  vendredi 16...

Mohamed VI Roi du Maroc à la 12 ème Législature « accélérer les réformes et réduire les fractures »  

C’est un discours programmatique et accusateur que sa Majesté Mohamed Vi a...

Coopération Maroc – Sénégal un conseil d’affaires sénégalo-marocain proposé

L’Ambassade du Royaume du Maroc au Sénégal a organisé, ce mercredi 30...